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Les 6 jeux les plus « artcore » de l’E3 2015

En tant que joueur, l’E3 est ma période préférée de l’année. Pendant près d’une semaine, Los Angeles accueille la plus grande convention vidéoludique au monde, là où sont révélés un nombre impressionnant de jeux, et où sont présentées les démos de divers titres. Cette année, l’E3 n’a pas été avare en surprises. Mais même en dehors de toute la hype qui entoure généralement l’E3, certains jeux m’ont semblé avoir un véritable potentiel artistique. Retour sur 6 jeux qui m’ont particulièrement intrigué, et dont je pense qu’ils seront de bons représentants du jeu vidéo comme forme d’art.

ReCore (Xbox One, 2016)

Première annonce intrigante : un mystérieux jeu du nom de Recore. Dans le trailer d’annonnce de cette exclusivité Xbox, un protagoniste féminin erre dans le désert aux côtés de ce qui ressemble à un chien-robot. Là, au milieu de nulle part, ils semblent tout seuls – du moins jusqu’à ce qu’ils tombent dans une embuscade, piégés par des robots bien plus belliqueux. Au terme d’un combat court, mais intense, le chien-robot fait le sacrifice de sa vie pour sauver celle de sa maîtresse. Les robots ennemis meurent dans l’explosion, et ne reste du chien qu’une sorte de boule bleue semblant contenir son « âme ». L’héroïne la récupère alors et l’insère dans le corps d’un robot inanimé qui traînait là, et qui prend vie aussitôt. Voici la bande-annonce en question, si vous avez toujours envie de la voir bien que je vous aie tout spoilé 😛 :

Malheureusement, aucune séquence de gameplay n’a été révélée pour ce jeu, et il est donc difficile de se faire une idée de ce à quoi il ressemblera vraiment. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ce titre, développé par Keji Inafune et par le studio à l’origine de Metroid Prime, s’annonce très prometteur. Les décors et l’ambiance de cette bande-annonce sont particulièrement réussis : une femme seule dans le désert avec son chien-robot – seule dans un monde où tout parait avoir été dévasté. On croirait presque un mélange entre Beyond Good & Evil et Journey. Certains journalistes ont même évoqué le film Wall-E, des studios Pixar. Par ailleurs, l’idée de cette « âme portative » éveille ma curiosité : elle soulève de nombreuses questions, sur des thèmes tels que l’immortalité ou l’intelligence artificielle. L’avenir nous dira comment le scénario de ce jeu compte aborder ces questions, et de quel genre de jeu il s’agit vraiment, mais en se fiant à cette bande-annonce, Recore semble en tout cas très prometteur.

Horizon Zero Dawn (PS4, 2016)

Xbox a Recore, PlayStation a Horizon Zero Dawn. Les deux jeux partagent quelques similitudes : tous deux mettent en scène un protagoniste féminin, tous deux soulèvent des questionnements philosophiques, et tous deux se déroulent dans un univers post-apocalyptique.

En termes de gameplay, Horizon Zero Dawn m’a quelque peu rappelé le titre de la Team Ico, Shadow of the Colossus. Les machines titanesques que l’héroïne doit affronter sont en effet impressionnantes, et le jeu promet d’être riche en combats épiques et stylés contre d’immenses robots. Mais si le jeu lui-même m’a déjà impressionné, c’est bien le scénario qui m’a le plus intrigué. Dans le monde d’Horizon Zero Dawn, les hommes vivaient autrefois dans d’immenses villes, où les immeubles atteignaient les cieux, et où les technologies étaient des plus avancées – un monde pas si différent du nôtre, somme toute. Mais un événement de nature inconnue mit fin à cette ère de prospérité, forçant les hommes à abandonner les villes. Depuis, la nature a repris ses droits, et les machines leur indépendance. Là encore, le jeu soulève des questions sur notre propre époque, aussi bien sur l’intelligence artificielle que sur la dépendance de nos sociétés à la technologie. Je ne sais pas quelle importance cette analyse prendra dans le jeu final, mais c’est en tout cas un titre que je compte suivre de près.

Beyond Eyes (Xbox One, PC, 2015)

Beyond Eyes est un titre indépendant, annoncé durant la conférence Xbox en tant qu’exclusivité temporaire Xbox et PC (ce qui signifie sans doute qu’il sortira aussi sur PS4 plus tard). Là encore, c’est une idée intrigante et assez novatrice qui est à l’origine de ce jeu. Le protagoniste est une petite fille aveugle qui vient de perdre son chat. Incapable de voir avec ses yeux, la fillette doit trouver d’autres moyens pour « voir », ou tout du moins ressentir le monde qui l’entoure, afin de retrouver son chat.

Le gameplay se construit à partir de cette idée, d’une façon assez curieuse : le décor est absolument vide, à l’exception de petites parcelles qui se révèlent au fil de la progression de la jeune fille. Gameplay et narration semblent ici parfaitement complémentaires, et le jeu innovant tant au niveau de la jouabilité que du sujet abordé.

The Last Guardian (PS4, 2016)

Enfin ! Près de 7 ans se sont écoulés depuis l’annonce de The Last Guardian. Sept années d’un développement houleux, et autant de rumeurs annonçant l’annulation du titre – mais voilà que l’exclusivité PlayStation refait surface, révélée à nouveau par Sony durant sa conférence de presse. Le jeu est prévu pour une sortie sur PS4 (et non plus PS3), avec Fumito Ueda à la réalisation. Ce dernier, ainsi que son équipe, sont déjà à l’origine de deux chefs-d’oeuvre qui ont grandement contribué à la transformation du jeu vidéo en forme d’art : Ico et Shadow of the Colossus.

Tout comme IcoThe Last Guardian raconte la relation entre deux être que tout oppose : un jeune garçon et une créature mystérieuse, semblable à un griffon. En dépit de leurs différences et de leur incapacité à parler la même langue, ils devront coopérer et s’entraider. L’accent mis sur l’émotion, le gameplay minimaliste et les graphismes épurés semblent indiquer que le nouveau jeu de Fumito Ueda sera tout aussi poétique et artistique que les précédents. Et il était grand temps qu’il refasse surface.

Dreams (PS4, date de sortie non-annoncée)

La vision qu’a Media Molecule du jeu vidéo est particulièrement inspirante. Que ce soit avec Little Big Planet ou Tearaway, ils ont su prouver que le jeu vidéo, en tant que média interactif, n’est pas seulement ce que le développeur créé, mais aussi ce que le joueur peut créerDreams est encore en cours de développement, et j’ai eu le sentiment que Media Molecule n’était pas encore certain de ce à quoi leur jeu allait ressembler, notamment en ce qui concerne le gameplay. Néanmoins, ce qu’ils en ont montré était déjà très enthousiasmant.

Dans Little Big Planet, le joueur pouvait créer ses propres niveaux ; dans Tearaway, il pouvait briser le quatrième mur séparant le monde réel du monde vidéoludique. Dans Dreams, et comme l’indique le titre, il peut créer ses propres rêves. Transformer ses rêves en jeu vidéo, et jouer dans le rêve des autres joueurs. Media Molecule ne vous fournit que les outils, et c’est à vous, joueur, de tout créer, des personnages jusqu’aux décors. Bien qu’elle reste à l’état de prototype, cette exclu PS4 parait tout bonnement sublime, et il me tarde de voir comment Media Molecule va parvenir, une fois de plus, à nous émerveiller avec leur (et notre) créativité.

Unravel (Xbox One, PS4, PC, date de sortie non-annoncée)

Unravel pourrait bien être le jeu le plus mignon de l’E3 2015. C’est en tout cas celui qui m’a le plus touché. Unravel est édité par EA, et développé par un petit studio suédois du nom de Coldwood Interactive. Le héros est une sorte de petite peluche appelée Yarny – de l’anglais « yarn », qui signifie à la fois « laine » et « longue histoire ». Yarny est un peu les deux à la fois : il est fait de laine, et son corps s’effiloche à mesure qu’il avance ; il représente aussi l’amour, et son périple est la métaphore du long voyage jusqu’à l’être aimé, et de la façon dont il faut surmonter toutes sortes d’obstacles pour se lier à lui. Le fil rouge qui se délie derrière Yarny symbolise le lien qui nous unit tous. Le concept de ce jeu suffisait déjà à me donner envie d’y jouer, mais c’est le discours de Martin Sahlin lorsqu’il a révélé son oeuvre qui m’a le plus ému. Martin Sahlin est le directeur créatif d’Unravel, et voilà ce qu’il avait à dire sur le jeu vidéo durant la conférence EA :

Selon moi, les jeux vidéo ont une vraie puissance. Ils vous attrapent et vous émeuvent, d’une manière que peu d’autres formes d’art parviennent à maîtriser. Et je pense que cela nous donne à nous, développeurs, une certaine responsabilité. Nous devons essayer de produire plus que du divertissement. Unravel a été créé dans cet esprit. Il est né de la volonté de faire quelque chose de plus personnel. Quelque chose qui ait un coeur.

Nul besoin de le dire : j’adhère totalement à la vision qu’a cet homme du jeu vidéo, et le fait qu’il en parle comme une « forme d’art » m’a suffi pour l’adorer. Sur le site officiel d’Unravel, il précise son propos :

Je voulais faire quelque chose qui soit plus personnel, qui ait plus d’impact. Ce jeu ne devait pas changer le monde, ni même essayer de le changer, mais il devait être authentique, avoir un sens profond. Il devait avoir un coeur.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour les autres membres de Coldwood Interactive, mais Martin Sahlin me parait être quelqu’un d’extrêmement intéressant, et il est clair qu’il a mis tout son coeur à son ouvrage. J’ai été totalement ému, tant par la fierté avec laquelle il parlait de son jeu que par son rire en révélant Yarny ou par son anxiété à l’idée de présenter son projet au monde entier. Ce type qui présente sa peluche au monde comme un enfant montre son dessin à ses parents, c’est un passionné, par le jeu vidéo, par son jeu vidéo, or les gens passionnés sont, bien souvent, les plus talentueux. Merci Martin, c’est de gens comme vous dont l’industrie vidéoludique a besoin.

Et vous, quels titres ont particulièrement retenu votre attention à l’E3, et pourquoi ? Partagez vos impressions sur les conférences et les annonces de ces derniers jours dans les commentaires ! 🙂

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